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Pripris de Yiyi

Posté le

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Description géographique

Territoire : Guyane

Communes : Iracoubo et Sinnamary

Superficie: 28 000 hectares

Latitude: N 5°25’37’

Longitude: W 53°03’16 »

Connexion au réseau hydrographique, hydrologie et saisonnalité : Situés entre les fleuves Iracoubo et Sinnamary, les Pripris de Yiyi sont un véritable puzzle d’écosystèmes : marais, forêts marécageuses, savanes inondées, forêts sur cordon de sable, mangroves… Autant de milieux qui font la richesse faunistique et floristique de ce site.

Parmi les savanes humides, citons Garré et Corossony sur Sinnamary, Henry et Trou Poissons sur Iracoubo. L’espace est borné au nord par la N1 (Cayenne / Saint-Laurent-du-Maroni), au Sud-Est par la route de Saint-Elie (D21) et au Nord-Ouest par la rivière Counamama.

Les marais en amont sont alimentés par la crique Yiyi dont le bassin versant est de l’ordre de 80 km². Celle-ci prend sa source au sud des Grands Pripris de yiyi et descend vers la mer. De là, un petit affluent se sépare et se jette à l’embouchure du fleuve Sinnamary, il s’agit de la crique Canceler.

Les entrées d’eau s’effectuent par les précipitations directes sur le marais, par la crique Canceler, par plusieurs buses sous la route nationale 1 et probablement par infiltration souterraine. Les sorties d’eau se font par l’évapotranspiration, l’exutoire de cette même crique et très certainement à nouveau par infiltration souterraine.

La saison des pluies dure de fin novembre à début février. Tandis que la saison sèche s’échelonne de février à avril et de la fin du mois de juin à la fin du mois de novembre. Les variations d’eau sont très importantes avec une crue qui augmente brutalement (contrairement à la décrue qui est plus lente).

Faune & Flore

Cet espace naturel constitue de par la diversité de ses milieux, un habitat privilégié pour de nombreuses espèces. Il est reconnu pour abriter en autres des espèces classées « vulnérable », « menacée d’extinction » voire « gravement menacées d’extinction » par l’UICN.

Flore

La végétation des marais d’eau douce est constituée en majeure partie de macrophytes (plantes aquatiques macroscopiques visibles à l’œil nu) telles Nymphea rudgeana (vivace, flottante et très envahissante), Cabomba aquatica (au feuillage fragile) et Salvinia auriculata (salvinie auriculée).

Plusieurs espèces végétales rares en Guyane ont été recensées, en particulier des espèces d’orchidées, Habenaria pratensis et Habenaria trifida inféodées aux milieux de savanes sur sols hydromorphes (montrant des signes physiques de saturation en eau régulière), et Habenaria longicauda en marais d’eau douce.

Les zones de mangroves quant à elles sont occupées par des palétuviers blancs Avicennia germinans auxquels s’ajoutent sur les berges de la Counamama et de la Crique Yiyi, des palétuviers rouges Rhizophora racemosa.

Au niveau des marécages boisés ce sont plutôt les Pterocarpus officinalis qui peuplent le paysage (en Guyane, plusieurs noms sont donnés à ce palétuvier : « moutouchi-marécage » en créole, « mutusi sĩ » par les Wayampi ou encore « muhut » par les Palikour).

Les savanes basses inondables sont le quartier de nombreuses nanophanérophytes (« phanérophyte » désignant des plantes dont les bourgeons sont aériens et très au dessus du sol, et « nano » pour préciser que la tige ligneuse ne dépasse pas 50cm), de petits arbustes et autres plantes basses réparties de façon homogène.

Faune

Grâce à ses formations végétales diverses et remarquables, les marais de yiyi offrent à la faune qui y séjourne une forte abondance de nourriture.

Il est impossible ici d’en faire une liste exhaustive tant le nombre d’espèces animales est important.

Dans cette zone humide, citons donc quelques uns des exemples les plus emblématiques qui y ont élu domicile :

–          Des mammifères : marins tel que le Lamantin des Caraïbes (Trichechus manatus), espèce menacée dans cette région ; et terrestres comme le raton crabier (Procyon cancrivorus), le chien des buissons (« chien-bois » en créole guyanais, Speothos venaticus), la biche des palétuviers (Odocoileus caraicou), le cabiaï (ou capybara signifiant « le seigneur des herbes, plus grand rongeur au monde, Hydrochoerus hydrochaeris), le saïmiri (ou « singe écureuil » Saimiri sciureus  dont le poids adulte ne dépasse pas 120gr).

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Saïmiri

–          Des reptiles : les caïmans nains (Paleosuchus palpebrosus), les caïmans à lunettes (Caiman crocodilus), les anacondas (Eunectes murinus)… Mais également des Tortues vertes (Chelonian mydas) qui s’y reproduisent et s’y nourrissent.

caiman

–          Des poissons : 59 espèces de poissons appartenant à 23 familles différentes ont été dénombrés.

–          Des crustacés tels que le crabe violoniste (Uca rapax).

–          Des insectes : moustiques, yens yens, papillons cendres (Hilesia metabus), guêpes…

–          Des oiseaux : notamment migrateurs. Les limicoles du Nord américain fréquentent ce site en grand nombre pendant l’hiver boréal, certains demeurent pendant la saison de nidation de fin mai à fin juillet. Près d’un million de Bécasseaux semi-palmé (Calidris pusilla) y séjournent pendant l’hiver. Parmi les oiseaux remarquables, l’Erismature routoutou (Nomonyx dominicus) ainsi que le Canard musqué (Cairina moschata) y comptent de petites populations. Quant aux rapaces, les Marais Yiyi sont réputés pour abriter la plus importante population nicheuse de Guyane de Milan des marais (Rostrhamus sociabilis). Le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus), migrateur nord-américain et la Buse pêcheuse (Busarellus nigricollis) sont réguliers en vol au-dessus des grands plans d’eau. N’oublions pas de citer également le magnifique Ibis rouge au plumage flamboyant (Eudocimus ruber).

Protection

Pour préserver cette diversité et cette originalité écologique, cette zone est soumise à différents statuts de protection.

Elle fait l’objet d’un arrêté communal de 1998 (n°98-31) interdisant le transport d’armes à feu, le tir et la chasse dans le territoire des marais de Yiyi. Cet arrêté a été mis en place suite à la demande du Conservatoire du Littoral afin d’assurer la sécurité du public et la sauvegarde de la faune.

Par ailleurs, il s’agit de la 3ème zone en Guyane à être labellisée « Ramsar » (2008). Cette distinction englobe les communes d’Iracoubo et de Sinnamary et comprend l’estuaire du fleuve Sinnamary, les pripris de Yiyi ainsi que les mangroves de l’estuaire. Elle s’étend du fleuve Iracoubo à la crique Malmanoury d’ouest en est, et est limitée par les basses mers au nord.

Afin de préserver cette incroyable richesse, le Conservatoire du Littoral a acquis les 28000ha en 1995. La gestion du site est assurée par la Sépanguy (association créée en 1964 œuvrant pour la protection de l’Environnement guyanais) et la commune de Sinnamary.

De par ses formations végétales remarquables, le site est également classé en ZNIEFF de type I et II (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique).

Enjeux, usages, productions, pressions et gestion 

Par le passé, la vie des gens de la commune de Sinnamary était étroitement liée au marais (chasse, pêche, rizière,…). L’élevage porcin et bovin en liberté sur la zone de Corossony existe depuis le début de la colonisation. La « zone d’élevage libre » a été crée dans les années 60-70 : à cette période, certaines familles ont reçu une reconnaissance de la pratique de l’agriculture traditionnelle, qu’elles ont conservé depuis. Le terrain ne leur appartient pas entièrement mais elles ont l’autorisation de faire pâturer leur bétail sur la zone.

Suite à l’acquisition des terres par le conservatoire du littoral, une activité touristique s’est développée, mettant en valeur le fort potentiel écologique de la zone. Certaines des activités qui étaient pratiquées sur le site ont donc été mises sous réglementation, voire interdites, comme par exemple la chasse et la pêche (qui restent néanmoins pratiquées de manière illégale sur le site).

Afin de mieux connaître ce patrimoine naturel d’exception, de nombreux inventaires faunistiques et floristiques sont réalisés sur ce site par les associations locales de protection de la nature.

Ces marais constituent donc un territoire en interaction constante avec les acteurs de l’agriculture, du tourisme et de l’environnement.

Histoire

 « Yiyi » vient du nom de la famille créole Sophie. Au XIX ème siècle, Sylvain Sophie arrière-grand-père d’Albert Sophie vivant à Trou Poisson s’installe sur l’amont de la crique Garré. Le diminutif de son nom, Yiyi, restera attaché aux marais.

Découvrir le site

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Sur demande du Conservatoire du Littoral, à l’entrée du site a été installée une « Maison de la Nature » (gérée par la Sepanguy), lieu d’échanges, d’éducation et d’accueil, proposant multiples activités à destination du grand public et des scolaires.

La maison accueille les visiteurs dans son écomusée dédié en grande partie aux zones humides, propose des expositions, des visites guidées et sorties naturalistes en canoë, et a mis en place plusieurs observatoires et  sentiers d’interprétation (accessibles à tous et à tout moment). Des carbets ont été installés sur le site de Corossony, le long de la rivière Canceler, à des fins éco touristiques.

 

Contact

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